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Maskinongékistan

1 octobre 2009 No Comment

Saïd Namouh, arrêté le 12 septembre 2007 dans la municipalité québécoise de Maskinongé, a été reconnu coupable aujourd’hui à Montréal par le juge Claude Leblond de quatre chefs d’accusation relatifs à des activités terroristes dont complot à l’engin explosif.

Ce résident québécois d’origine marocaine, qui avait immigré au Québec en 2003 après avoir épousé une québécoise, avait été identifié dans le cadre d’une vaste enquête internationale. Celle-ci avait été enclenchée après la diffusion sur le web d’une vidéo menaçant l’Autriche et l’Allemagne d’un attentat en guise de représailles pour leur présence en Afghanistan.

Namouh, qui se cachait derrière le pseudonyme Ashraf, était considéré comme un cyber-jihadiste particulièrement actif sur le réseau internet du Global Islamic Media Front (GIMF), la toile de propagande virtuelle liée à al qaida. Le juge Leblond parle même de «zèle» et «d’enthousiasme». Les enquêteurs canadiens de la GRC et du SCRS ont retrouvé dans le disque dur de son ordinateur  des milliers de vidéos, parfois répugnantes, ainsi que des textes évocateurs. C’était aussi Namouh, qui, toujours selon les enquêteurs, avait mis en ligne en mai 2007 une vidéo d’un groupuscule islamiste de Gaza revendiquant l’enlèvement du journaliste de la BBC Alan Johnston.

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Dans ses clavardages et ses conversations IP, Namouh sortait de son jihad virtuel pour exprimer son désir bien concret de mourir en martyr en Europe.

- « Je cherche un autre travail qui a l’odeur du terrorisme », mentionnait-il à son alter-ego autrichien, arrêté lui-aussi depuis, Mohammed Mahmoud. Ou bien encore : « Par Allah, mon bien-aimé frère, mon rêve est de mourir en martyr pour la cause d’Allah »

- «Patiente, et prochainement je te donnerai un travail qui te satisfera», lui-répondit-il

Il est bon de noter que son avocat avait vainement tenté de plaider la liberté d’expression et invoqué la Charte canadienne des droits et libertés… Pourquoi pas. Peut-être que tout ceci n’était que fanfaronnade ou provocation en effet. Mais le message envoyé par la justice a le mérite d’être clair et rappelle ce que l’ex juge anti-terroriste français Jean-Louis Bruguière a souvent martelé : pour commettre un attentat, il faut tout une organisation où chaque élément a son importance, que ce soit le logisticien, le fournisseur de faux-papiers, l’assembleur de la bombe, etc. L’un n’est pas moins responsable que l’autre.

Namouh, qui risque l’emprisonnement à vie, connaîtra sa sentence dans quelques semaines.

En attendant voilà qui vient clouer le bec à tous ceux qui s’esclaffaient lorsque Namouh a été arrêté dans cette petite ville tranquille du Québec. Pour ces aveugles chroniques, il était inconcevable qu’un terroriste puisse opérer depuis le Québec, encore moins dans une municipalité réputée tranquille d’à peine 2500 habitants. Il s’agissait forcément d’une affaire gonflée de toute pièce, n’est-ce pas.

Point de Montréalistan chez nous, encore moins de Maskinongékistan… Passons donc à autre chose.

Pas de chance les amis, la justice en a décidé autrement. Remarquez que l’on a déjà entendu la même rengaine après le démantèlement d’une cellule terroriste (le groupe des 18) à Toronto en juin 2006. Même si sept d’entre-eux ont été relâchés faute de preuve, un mineur a été condamné, et deux autres prévenus ont depuis plaidé coupable. Et ce n’est pas fini.

Et que penser de ces deux apprentis terroristes montréalais qui après avoir incendié une école juive voulaient kidnapper un participant au Bal en Blanc, «l’attacher comme un poulet et l’égorger comme un poulet» (sic).

Fabrice de Pierrebourg