Labonté et Accurso : retour sur un scoop
J’étais loin d’imaginer que mon enquête sur les liens entre Benoît Labonté et l’entrepreneur Tony Accurso publiée sur notre site ruefrontenac.com feraient à ce point boule de neige. On peut même parler de bombe à fragmentation avec toute la cascades de révélations qui a suivi et qui n’est pas terminée d’ailleurs. Cette série d’articles publiés dès le 30 septembre a non seulement conduit à la démission du principal protagoniste de l’affaire, mais en prime semé dans les jours qui ont suivi un quasi-chaos dans la classe politique à deux semaines des élections municipales au Québec. Depuis, les révélations, allégations et autres accusations fusent de toutes parts. Et c’est sans compter les mises en demeure et autres poursuites.
Ce que l’on peut appeler l’affaire Labonté s’est propagée aussi depuis sur la colline parlementaire à Ottawa après que nous ayons braqué nos projecteurs sur le jeune sénateur Léo Housakos.
Quant au gouvernement, il semble décidé à durcir les règles de financement des partis politiques. Et il subit de fortes pressions afin qu’il mette sur pieds une commission d’enquête. Mais la partie n’est pas gagnée, loin de là. Probablement parce que ces commissions sont semblables à des boîtes de pandore du fond desquelles on ne sait jamais trop ce qu’il va en sortir.
Certains soirs de cette semaine vraiment folle, en dégustant un petit verre de vin rouge dans mon canapé, je me sentais presque dans la peau de l’Empereur Néron en train de regarder Rome brûler.
Blague à part, je suis particulièrement fier de mon travail puisqu’il a été réalisé dans des conditions assez difficiles, sans grands moyens. C’est toutefois la preuve que l’enquête journalistique est avant-tout une histoire de débrouillardise, de contacts, de patience et de rigueur.
J’en profite pour remercier tous les confrères de la presse écrite, radio et télé qui n’ont pas oublié que c’est sur le site de ruefrontenac.com que l’on a lu en premier cette histoire vraiment «exclusive».
Lire aussi cet article publié dans le Toronto Star et ceci sur le blogue Le studio 1. Sans oublier cette couverture fracassante du magazine MacLean’s.
Et pour finir, provisoirement, sur le sujet, ajoutons que l’ex-parti de Benoît Labonté n’a pas réussi à emporter la course à la mairie de Montréal le 1er novembre 2009. Mais le 3 novembre, sur le Twitter de la chef de Vision Montréal, on parlait toujours de notre soit-disant «article mensonger»…
Fabrice de Pierrebourg














