Home » Général

Bataille pour le journalisme d’enquête en Cour Suprême

3 septembre 2009 No Comment

La Cour Suprême du Canada va se pencher à six reprises cet automne sur des dossiers ayant pour thème commun le journalisme. Mais c’est surtout l’avenir du journalisme d’enquête qui sera l’enjeu majeur de ces débats avec deux causes (Daniel Leblanc et AndrewMcIntosh) sur la protection des sources. Une autre, un peu sur le même sujet, s’intéresse aux poursuites en diffamation.

Le journalisme d’enquête est un mal nécessaire pour toute société démocratique qui se respecte. Dans les pays totalitaires ou corrompus par les mafias de tous acabits, les journalistes d’enquête sont purement et simplement éliminés. Ailleurs dans le monde, y compris au Canada, les journalistes d’enquête font face à d’autres menaces. Moins agressives, moins sanglantes (bien que ici même plus journalistes ont déjà été victimes d’une tentative de meurtre, dont mon confrère et ami Michel Auger), plus «bureaucratiques», judiciaires, mais ayant le même résultat.

Le journalisme d’enquête mérite d’être protégé. Soit dit en passant, ce ne ne sont pas les soit-disant «journalistes-citoyens», fantasme obsessionnel de nos patrons de presse, qui pourront prendre le relais. Il subit régulièrement les assauts plus ou moins subtils d’individus, de corporations et même des gouvernements fédéral et provincial, afin de le transformer en tigre de papier inoffensif. Pour ma part, je ne peux que constater avec dépit ce glissement néfaste. Je ne compte plus les délais abusifs dans le traitement de mes demandes d’accès à l’information expédiées à divers organismes et ministères. Les réponses dans les 30 jours tel que prévu par la Loi sont rares, très rares. Désormais, le 180 jours (6 mois !) est monnaie courante. Et encore, cela peut dépasser les 12 mois. Personne n’est dupe. Ce stratagème n’a qu’un but : décourager les fouineurs.

Récemment, j’ai enfin obtenu, après une longue bataille qui s’est conclue devant la Commission d’accès à l’information, des centaines de pages provenant du service de la Lutte au terrorisme de la Sûreté du Québec. Depuis le début, en 2006 (!), la  SQ et le Ministère de la Sécurité publique du Québec faisaient obstruction avec un culot monstre à toute communication ne serait-ce que d’une page. Sous couvert de menace à la sécurité nationale et autres arguments maintes fois répétés ici et là. La tactique n’a pas fonctionné. Pour une fois.